Texte Libre

Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 14:45
Je n'avais jamais ressenti une impression pareille. Je sais que j'aurais dû le laisser crever comme un chien, aprés tout ce qu'il m'avait fait endurer.

C'était un étranger total, mis à part qu'il se prenait pour quelqu'un que j'adorais.

Et cependant j'estimais que ce n'était pas un motif suffisant pour le sacrifier.

Je ne pensais pas que je lui laissais une seconde chance, non, je ne détenais pas le pouvoir de vie et de mort sur les êtres. Cependant comme je n'étais pas là non plus pour lui ôter la vie, je l'ai aidé à la conserver. Peut-être ne me remerciera-t-il pas. Je n'en sais rien. Je n'ai pas l'habitude de voir des êtres remplis d'amour tout autour de moi. L'amour, çà n'existe que dans les chansons, dans les rêves. Mais sur terre, personne ne viendra me faire croire que çà soit une réalité.

Oui, bien sûr, on va me dire que ce n'est pas parce qu'on ne t'aime pas qu'on n'aime pas.

Et bien voilà, le problème, on ne peut pas aimer si on ne m'aime pas. Tout simplement parce que je suis la personne la plus extraordinaire qui soit, et si on ne m'aime pas, on ne peut aimer personne. C'est cela ma devise.

Donc le lendemain quand une infirmière sans doute m'a dit qu'il était revenu à lui, je lui ai demandé de lui faire un brin de toilette, et de ne surtout pas toucher à sa moustache, que j'allais venir le voir.

Tony était plutôt étonné quand je débarquais dans la chambre qu'il occupait avec deux autres malades plutôt étonnés de voir une fille telle que moi être proche d'un mec comme lui.

"Alors çà va mieux ?"

"Qu'est-ce que tu fais ici ?"

"Ne me dis pas que tu voulais te suicider ? En pleine rue ! Quand on veut se suicider pour de vrai, on ne le fait pas devant des tas de gens qui passent. Si ce n'était moi, ç'aurait été quelqu'un d'autre !"

"De quoi tu parles ?"

"Je te parle d'hier, je t'ai ramassé en pleine rue, tu étais allongé par terre comme quelqu'un qui avait besoin d'aide. La prochaine fois, essaie de te laisser aller ailleurs que sur un trottoir trés fréquenté et éclairé."

"Je finirai par croire que tu m'aimes vraiment, nos chemins se croisent si souvent !"

"Essaie de ne pas trop rêver quand même mon pote ! Bien ! Comment vas-tu ?"

"J'ai l'impression qu'un poids lourd est passé sur mon crâne, à part çà, çà va !"

"J'aurai bien prévenu ta femme mais je ne sais pas où elle..."

"Ne me parle plus d'elle, moi non plus, je ne sais pas où elle est allé se cacher avec les enfants !"

"Et tu comptes dormir dans la rue tous les soirs !"

"Je n'ai plus de salaire, plus de loyer ! j'ai tout perdu, tu le sais bien !"

"Je ne sais rien, je ne suis pas dans ta vie privée.  Par contre, j'ai un marché à te proposer !"

"Pour te donner bonne conscience ?"

"Mais si tu veux, oui, pour me donner bonne conscience ! J'adore dormir la nuit sur mes deux oreilles, tu vois !"

"Fais un don aux enfants du tiers monde !"

"Je préfère faire un don déjà au tiers monde sous mes yeux  !"

"Tu veux devenir politicienne !"

"C'est une idée, mais pour l'instant je me contenterai de ce que je suis actuellement ! Donc je vais te remettre sur pied !"

"Et je serai ta chose !"

"Comme si tu as déjà été la chose de quelqu'un ! Enfin si un peu tout de même !"

Je pensais à la secrétaire qui l'avait bien fichu par terre.

"Alors que veux-tu me donner ?"

"Déjà un logis, puis un boulot, je vais te donner ma place !"

"Quoi ?"

"Oui, j'ai une autre activité maintenant, tu vas être le directeur de l'entreprise, et tu auras sous ta responsabilité les deux secrétaires, et les ouvriers ainsi que le nouveau chef"

"C'est quoi cet élan de générosité ? Il n'y a rien de gratuit dans la vie !"

"Et pourtant ! Je t'assure, tu reviens dans l'entreprise mais en tant que manager ! Moi, je ne ferai que superviser."


Inutile de vous dire qu'il a vite oublié ses problèmes de migraine. Ses yeux se remirent à briller d'intérêt. Il avait raison, s'il voulait que sa femme revienne, il valait mieux qu'il se montre sous un jour meilleur.

"Et où comptes-tu me faire habiter ?"

"Dans un nouvel appartement avec trois chambres, et une terrasse au cas où ta bonne femme voudrait revenir ! Je vais te faire une avance, tu auras intérêt d'arriver un peu mieux habillé demain à l'heure habituelle, quand tu auras sorti d'ici puisqu'ils te laissent sortir uniquement demain ! Cà me donnera le temps, d'arranger un peu ton nid. Il y a déjà l'eau courante et l'électricité ! tu vas te débrouiller ensuite pour le reste !"

"Tu veux m'acheter, tu veux faire de la politique, c'est çà ?"

"L'idée est intéressante, alors tu veux ou tu veux pas ?"

"Si je ne le voulais pas, j'en ferais une maladie ! J'ai toujours pensé que tu avais un grain, mais là alors c'est pire que ce que je croyais !"

"Et bien on revient à ses bonnes habitudes, on est de nouveau sur le chemin de la loufoquerie, je suppose ! Seulement tu ne me verras pas autant que tu voudras pour faire l'intéressant !"

"Et comment je te ferai les compte rendus et tout ?"

"S'il y a un problème, je te propose de m'appeler, mais çà m'étonnerait que tu comptes couler ton navire ? Encore que, j'aurais tout de même un oeil sur toi, ne t'inquiètes pas ! Je me tiendrai au courant ! On ne sait jamais ! Si tu as des envies suicidaires, tu aurais peut-être envie de me couler avec !"

Je vis également dans ses yeux une lueur qui me donnait raison.















































































Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 14:30
Par suzanna naghalia
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 14:20
Par suzanna naghalia
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Vendredi 14 août 2009 5 14 /08 /Août /2009 14:14
Par suzanna naghalia
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Jeudi 13 août 2009 4 13 /08 /Août /2009 13:57
Ce soir là, aprés le dîner, on a emmené Capucine faire un tour au bord de la mer. Ce n'était pas dans nos habitudes, mais Tony et elle voulaient voir les étoiles au-dessus de l'océan.

Nous avons mangé des samoussas, des glaces et quand on a été repus, on est rentrés. On était contents en train de chanter en choeur lorsqu'à un feu rouge, on a remarqué que sur le trottoir, il y avait un type allongé par terre, comme çà sous la lumière des réverbères.

Je ne sais pas pourquoi mon sang n'a fait qu'un tour. Je le connaissais mais je n'arrivais plus à me le remettre. Avec le 4/4, je me suis garée à moitié sur la route, Frédérico m'a suivie, pour me défendre au cas où cette bête dangereuse se serait réveillée et aurait cherché à me mordre.

"Mais je me disais bien que je le connaissais, c'est tony !"

"Ton tony ? Et bien tu lui as manqué on dirait !"

"Eh Tony, qu'est-ce qui t'arrive mon vieux ?"

En piteux état, le Tony, complètement dans les vaps, l'alccool, le taux éthilique a dû sûrement monté d'un bon cran. J'eus le réflexe d'appeler tout de suite un médecin de nuit. Et il ne tarda pas à arriver, on était heureusement pas loin de chez lui.

On l'emmena direct à l'hôpital le plus proche où on lui fit des examens.

"Alors les jours de Tony sont-ils comptés ?"

"Le docteur ne se prononce pas encore ! Il demande s'il est assuré ! Je n'en sais rien, il ne travaille plus chez nous, et je ne sais absolument pas comment çà marche ces choses là !"

"C'est un pauvre hère, la sécurité va sûrement prendre en charge !"

"Tu sais la Sécurité, la Sécurité, ce n'est pas l'armée du salut non plus."

Je ne me faisais pas d'illusions sur le bien-fondé des bons sentiments de la sécurité sociale en question. En général, quand elle fait quelque chose, c'est pour éviter de sortir trop de frics de son porte-monnaie.

Il faut arrêter de planer, Frédéric, nous ne vivons pas dans un monde de philantrope. Le mécenat, çà ne marche  que quand çà paie.

Oui, pourquoi fait-on tant de publicité pour que les gens fument ou boivent moins ? Parce qu'on aime son prochain, parce qu'on a pitié de son prochain ?
 
Mon oeil ! c'est juste pour que les dépenses s'amenuisent. Si la Sécu n'avait rien à payer, on aurait pu se jeter d'un pont, c'était pareil au même. Même sauter d'un pont, c'est interdit, on fait tout un ramdam, parce que si le coup rate par malchance, et bien qui devra encore payer,  c'est toujours Bibi.

Combien de billets, la Sécu se ferait si d'un seul coup, le taux de malades baissait de moitié ou plus ? C'est tout à fait normal qu'elle fasse de la publicité pour qu'on n'en fasse plus pour certains produits néfastes pour la santé.

Le travail aussi n'est pas toujours bon pour la condition de vie, qui s'en préoccupe ? C'est juste quelque chose qui tue à l'usure. Qu'on soit au champ, à l'usine ou tout simplement assis derrière un ordinateur à s'emmerder toute la journée. Au bout d'un bon nombre d'années,  à l'heure de prendre sa retraite, on s'en va tout simplement. On n'a même pas le temps de profiter de ce que la sécu nous doit, puisqu'on part avant qu'elle ne tire de sa poche.

C'est le comble de passer son temps à payer des vacances gratuites à des vieux, alors que des jeunes ont besoin de profiter de l'existence.

Tout le stock d'air vicié qu'on emmagasine dans les embouteillages, çà ne fait pas que du bien au poumon non plus. Mais qui s'en plaindra ? Cà ne va pas tuer sur le champ, le temps qu'on arrive à la retraite, et voilà que les complications commencent pile poil. Pour empêcher de creuser un peu plus le déficit budgétaire de la Sécu.

On prend quelques jours de repos sur l'ordre du docteur, et bien on est surveillés. Il n'y a que quand on est président qu'on a le droit d'avoir des congés de maladie, sans risquer de se faire surprendre en plein délit de joie de vivre par un contrôleur.

Quand on a quitté l'hôpital, Tony n'était pas sorti de son coma éthylique.

"S'il sort de là, il va encore te coller aux basques !"

"S'il sort de là, je sais ce que je vais faire de lui !  Crois-moi !"

Je commençais à avoir ras le bol de Tony, oui vraiment ! On croirait qu'on était mariés et qu'on avait des tas de petits ensemble. Je commençais à en avoir marre d'être toujours responsable de ses affaires. J'étais censée n'avoir qu'un seul gosse !




















Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
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