Texte Libre

Dimanche 6 septembre 2009 7 06 /09 /Sep /2009 16:10
J'étais en train de me poser des tas de questions sur l'existence quand je reçus un message d'une certaine Mirina. J'adore le son que fait la machine pour m'indiquer que j'ai un message. Sauf que j'ai eu mon quota de bonnes nouvelles, et elle ne pouvait que m'en apporter des mauvaises. Pour changer un peu, çà va de soi.

Mirina me demandait "Etes vous faite pour lui ?"

Je tournai ma tête à droite, à gauche pour me demander de qui elle parlait. C'était qui lui ? et qu'est-ce que çà pouvait lui faire ? Je viens lui demander si l'homme qu'elle aime l'aime aussi, moi ?

De toute façon entre Frédérico, DT, et Tony, j'avais des difficultés pour mettre un nom sur ce lui ? Je pouvais y ajouter Eric, Daniel, Alphonso, Sergio, et autre Machin Chose... elle ne devine pas à quel point je suis attirée par les hommes séduisants. C'est trés difficile de faire un choix. Je ne me suis jamais posée la question à savoir si j'étais faite pour eux. Maintenant qu'elle me le demande si gentiment, je pourrais me pencher sur le problème. Suis-je faite pour ... eux ? A défaut de LUi ?

Ce qui était sûr et certain, c'est que je n'étais pas faite pour mon mari. Maintenant j'étais en train de me balancer entre DT et Tony. Je me demandais comment j'aurais pu être faite pour quelqu'un. Et eux, étaient-ils faits pour moi ? je n'en étais pas si sûre. Est-ce que je devais choisir ? Etait-elle pressée ? Allait-elle me donner une bonne note si je lui répondais que oui ? A moins qu'elle voulait m'entendre dire que non je ne pensais pas être faite pour lui ? Si je lui dis çà, elle va pouvoir le prendre pour elle ?

Cette Mirina me semblait bien préoccupée par ce que je faisais de ma vie sentimentale. je me demandais si je devais la remercier ou la congédier. "Cà va, çà va, ne vous inquiétez pas ! " ou alors "espèce de dingue, ma vie privée vous intéresse à quel point ? Vous n'avez pas de vie pour vous intéresser tant à celle des autres ?" Là encore, j'hésitais.

Il s'agissait peut-être d'une courtisane de DT. Avec Tony, j'avais déjà donné, et sa dinde se nommait autrement que Mirina. Elle allait me passer à tabac elle aussi, un jour où je ne m'y attends pas ? Il valait peut-être mieux lui répondre tout de suite que non, elle pouvait le garder qui que ce Lui soit, elle pouvait le conserver et s'en aller avec lui vivre le grand amour sur une île déserte, je n'en souffrirai pas. Je ne suis faite pour personne ! Et personne n'était fait pour moi ! Je devais peut-être la prier de ne pas me battre. Faire profil bas, pour la rassurer sur mes intentions.

Je regardais DT d'une autre façon, qui était cette Mirina qui cherchait à me psychanaliser sur lui ? Je pensais à Tony d'une autre façon, mais qui donc pouvait se demander si j'étais faite pour lui ? Avec Frédérico, j'étais complètement dans le cirage !

Il y a des gens qui se complaisent à créer des soucis là où il n'y en a pas. Cà aime l'intrigue, créée le suspens en posant des devinettes.C'est encore une poufiasse qui savait que j'étais en congé, et qui voulais m'occuper le temps comme si je n'avais que çà à faire. Je pouvais lui dire "je bosse moi madame, épargnez moi vos préoccupations sur mes nuits avec lui s'il vous plaît !"

J'étais au comble de l'excitation, qui pouvait s'inquiéter de ce que je prenais comme amant.  Et j'en fis part à DT. Ce fut lui qui fit la lumière sur cette affaire ?

"Mirina, c'est une folle de voyante qui écrit  à tout le monde pour leur donner la frousse sur leurs amours ! Elle est certainement à l'affût d'une nouvelle imbécile ! "

Je regardais DT avec admiration, je ne savais pas si j'étais faite pour lui, mais lui, j'étais sûre qu'il était fait pour moi.

















Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Samedi 5 septembre 2009 6 05 /09 /Sep /2009 16:09
Cette mise à l'index a eu du bon. C'est ainsi que j'ai appris le goût de vivre. Je savais enfin ce que c'était que de prendre le temps. Je me retrouvais comme ces gens qui ont fait des tas de découvertes révolutionnant le monde. Tel ce Newton qui a déchaîné la science en remarquant que la pomme  au-dessus de sa tête pendant qu'il se laissait aller à la rêverie, une fois décrochée de sa tige était irrésistiblement attirée vers le sol, au lieu de rester suspendue dans les airs, ou de remonter vers le ciel en flèche.

La simplicité de la vie. Etre ou ne pas être, telle n'était pas la question. On s'en fichait complètement.

Bien je dois reconnaître que n'importe qui ne peut pas goûter aux joies du fainéantisme. Même si ce n'est pas puni par la loi, ce l'est par la société. Comment goûter à la paresse si on n'a pas de sous, parce qu'il faut bien manger. Et si on ne mange pas, on a le ventre qui se creuse, et on ne se sent pas en forme pour goûter aux autres joies de l'existence.

Je plaignais vraiment les gens qui aimaient ne rien faire pendant que tout s'agitait autour d'eux et ne pouvaient pas se le permettre. A cause de quoi ? A cause de la société mauvaise qui n'aimait pas qu'avant de mourir, on ne se tue pas à la tâche.

La société n'aime pas les oisifs. Les grands inventeurs ont pourtant eu leurs heures d'oisiveté. Ce qui les a permis de laisser libre cours à  leur imagination. Et ils ont créé. La société les a pardonnés et pourquoi ? Et bien parce qu'ils n'étaient pas des démunis. Ils étaient de riches "paresseux", qui ont su mettre leurs heures de paresse à profit pour donner au monde le meilleur d'eux-mêmes, leur faculté de penser. Elle ne les aurait pas laissé parader aussi facilement s'ils avaient été des paresseux démunis.

La société non seulement n'aime pas les oisifs mais elle n'aime pas tout court. On est entouré d'un système qui a pour but de détruire le genre humain, en le rendant bestial. Ce système a été mis en place pour semer la peur, l'angoisse, si tu ne paies pas, tu meurs, tout ceci ayant pour effet de rendre malade de la même façon que cette honteuse cigarette "cachez moi cette cigarette que je ne saurais voir !".

Le gouvernement que la société a engendré pour régler les problèmes, a pour but de détruire l'être humain dans l'oeuf. Il faut des machines humaines partout. Des machines pour souffrir à la place d'autres. Puisque des machines font maintenant le travail du singe humain. L'homme n'a plus le droit de gagner sa vie, il n'a pas le droit non plus de s'en vanter.

Moi, j'ai eu la chance de passer entre les mailles du filet, et de pouvoir me rendre compte à quel point la société nanifie ses sujets. Parce que c'est important de connaître à quel point la société en veut aux gens heureux. Elle lui donne du fil à retordre, histoire de voir, si la joie demeurera aprés la peine. Elle se complaît dans le malheur, elle ne donne qu'aux gens malheureux, et bien sûr que quelques miettes. Même les riches n'ont pas le droit d'être heureux, elle les accable d'un tas d'impôts, elle les jette en pâture aux journalistes affamés, les dieux de la société, ceux qui possèdent le droit de vie et de mort sur les gens. Une fois qu'ils vous ont attaqués, il ne vous reste plus rien, une fois qu'ils vous ignorent , ils ne vous reste plus rien. Une fois qu'ils vous ont donné du talent, vous êtes porté aux nues jusqu'à ce qu'ils se décident de vous laisser tomber.

Les journalistes sont les véritables décideurs, les dieux de la société. Et le simple mortel est l'esclave des médias. Les médias calment les gens dans la tourmente. Ils sont là pour détourner l'esprit des gens qui se soulagent quand ils racontent toutes leurs peines sur les ondes. Une fois qu'il a raconté sa déveine, l'auditeur perd de sa rage, et ne combat plus. Il attend, il croit que le fait de raconter ses malheurs au public, va les enrayer et lui permettre de mieux vivre. Il ne fait que laisser entrer le poison dans ses veines. La domination du système se répand un peu plus dans son sang, Et c'est comme l'oxyde de carbone, il ne se rend pas compte quand il en meurt. Il croit qu'il meurt à cause d'un tas de maladies, mais finalement il meurt des méfaits de la société meurtrière.

Si elle tend la main parfois, c'est uniquement pour jouer son rôle de garde-fou. Il faut bien qu'on ne soit pas tous à disparaître sous ses coups.

Et moi, je savais que j'avais de la chance. J'avais tiré le gros lot, mes parents étaient aisés, et je menais à mon tour une vie aisée. Je ne voulais pas penser à ceux qui n'avaient pas la même veine que moi ! En proie aux morsures de la louve enragée.












Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Vendredi 4 septembre 2009 5 04 /09 /Sep /2009 15:26
"Quand il n'y aura plus d'abeilles et quand il n'y aura plus de place où mettre les buildings, ce sera temps que vienne l'apocalypse pour mettre un peu d'ordre dans tout çà !", dit D.T.

"c'est quoi l'apocalypse ?", demanda  alors Capucine.

"l'apocalypse, c'est la fin de tout.", répondit Frédérico

"Ne le crois pas, je rétorquai aussitôt. L'apocalypse pour moi, c'est que toutes les femmes qui m'ont admirée quittent leur corps laid et boursouflé pour profiter de ma beauté. Cà fera de la place !"

"Tu dois arrêter de rêver, il n'y a pas que toi comme beauté, et crois moi  les autres pourraient chanter pareil !", m'assena Frédérico.

"Je le sais, je ne suis pas si naïve, mais je rêve que mon fan club profite de moi en mourrant, c'est le minimum que je peux faire pour des gens qui m'ont trouvée belle. Je parle des femmes et je suppose que toutes les belles femmes pensent comme moi. Que si jamais il y a la fin du monde, qu'elles résistent pour les femmes qui les ont admirées."

"Je ne pense pas que ce soit ainsi fait. L'apocalypse, c'est la fin de tout, le grand chamboulement, la terre quitte son orbite et s'en va en perdition dans les trous noirs de l'univers.", dit Frédérico.

"Jamais de la vie ! L'homme n'est pas arrivé à ce stade pour se laisser aspirer bêtement par un trou noir !", je répondis. Non, il restera des hommes, mais comme des super héros, tu vois. Ils seront beaux, bons, on ne manquera plus de rien, et il n'y aura plus le système de l'argent puisque tout appartiendra à  tout le monde. On ne fera plus de bébés, on sera tout le temps pareil."

"Moi, je te trouve belle maman, mais je ne veux pas quitter mon corps pour venir dans le tien !", fit Capucine.

"Ce sont celles qui n'aimeront pas leur corps qui viendront chez moi, ma chérie. Toi, tu aimes ton corps, et tu n'en veux pas d'autres ! Tu peux être petite, on peut te trouver moche, mais tant que tu aimes ce que tu es, tu ne viendras pas dans le corps de quelqu'un que tu n'as pas rêvé d'être."

"Où est l'apocalypse alors ? Il y a des tas de gens qui aiment être ce qu'ils sont comme moi, par exemple, jamais il ne me viendra à l'idée d'échanger mon corps contre celui de D.T. !"

"Je pense que l'apocalypse concerne les mentalités, et rien d'autre ne sera détruit", dit D.T."La terre continuera à fonctionner comme elle l'a toujours fait, sauf qu'on sera plus libre et plus heureux, parce que la méchanceté sera effacée des cerveaux !"

"Tu crois qu'un d'un coup de baguette magique les gens vont changer de mentalité ! "

"pas par un coup de baguette magique mais par la force des choses ! Oui !"

J'étais d'accord avec D.T., par la force des choses, au train où allait le monde, l'apocalypse était déjà en plein boulot, et on allait tôt ou tard en constater les effets. Les gens réveillés bien sûr !"

"Certainement pas les présidents de la république ou autres styles du même acabit ! Ceux là rêvent que le monde ne change pas pour avoir toujours des gens à leur solde !", dit Frédérico.

"Là tu as raison mon vieux ! Ceux là ne verront pas quelque chose qu'ils ont dans le nez ! Un monde qui change, et ils se retrouvent éjectés à l'extérieur de la planète. Ils ne seront plus d'aucune utilité, plus de problème à faire semblant  pouvoir régler, plus personne pour croire en eux, ils seront bien malheureux. Plus de commémorations, plus de médailles à offrir, plus de grands enterrements à assister. Ils seront au chômage. Je pense bien que s'il y en a qui sont fermement anti apocalypse, ce sont bien ceux là.", rigola D.T.

"Il n'y a pas que les présidents et les rois, et les autres mages. Il y a des tas de gens qui sont assoifés de pouvoir. Les chefs d'entreprise, les banquiers, les cardinaux, le pape, tous les chefs de meute ! Ils ne pourront plus exercer leur talent, ils se trouveront bien seuls. Cà risque de barder !", avança Frédérico.

"Quand ils comprendront qu'il n'y a plus rien à chaparder, oui, je pense que çà va barder !", approuva D.T.
.









"


















Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Jeudi 3 septembre 2009 4 03 /09 /Sep /2009 14:11

Quand je rentrai, Frédérico, Capucine me demandèrent ce qui m'avait retenue si tard.

"Tony voulait une augmentation !"

"Je trouve qu'il y va un peu fort", bouda Frédérico.

"Je sais mais les temps sont durs !"

"Dieu te le rendra maman !"

"C'est qui dieu au fait ? "

"C'est ce qu'on dit toujours quand on fait le bien, dieu te le rendra !"

"Et bien je ne sais pas trop si je vais être récompensée pour ma bonne action, parce que je ne connaîs pas dieu, en tout cas, pas en personne!"

"Pour l'instant, je crois qu'il a oublié ta récompense, ou alors c'est sa  façon de te récompenser de te donner des claques !", rigola Frédérico.

Le téléphone sonna.

"Si c'est Tony, tu raccroches s'il te plaît, on t'attend pour le souper ! Et D.T. vient d'arriver ! Il adore la soupe que je fais !"

Je décrochai, prête à incendier celui qui osait à une heure pareille déranger les gens.

'Allo ? Je suis bien chez Angélina de Gama ?"

"Oui, c'est bien moi ! Que puis-je faire pour vous aider ?"

"Et bien vous manquez à l'entreprise vous savez ?"

"Pourquoi ? mon directeur de service est pourtant trés compétent. "

"C'est surtout une mauvaise langue, chère madame ! Je me suis fait insulter par lui cette aprés-midi ! Et je refuse de faire encore des affaires avec vous, s'il ne me fait pas des excuses !"

"Qu'est-ce qui s'est passé ?"

Je mis le haut-parleur pour que tout le monde profite de la conversation.

"Et bien j'étais gentiment en train de lui dire que je comptais installer deux ou trois immeubles à caractère social sur mon terrain que m'a légué maman, et je ne sais pas quelle mouche l'a pris, il m'a insulté. En tout cas, c'est ce que j'ai compris."

"Que vous a-t-il dit ? "

"Je vous répète les mots qu'il a dits, c'est un peu choquant je vous préviens, donc il m'a dit : vous  n'avez pas honte de détériorer le paysage de la montagne rien que pour y installer des salopes qui ont le cul tellement large qu'elles peuvent pondre cinquante enfants en une journée. C'est à cause d'elles, toutes ces taxes, et tous ces impôts. On travaille pour payer des impôts et pourquoi ? Pour donner du fric à des salopes dont le seul travail est de pondre, pondre, pondre !"

Frédérico était cramoisi de gêne, il ne voulait pas perdre un client. D.T. se retenait de rire, et Capucine me regardait étonnée entre l'envie de s'esclaffer et de s'indigner. Elle avait déjà le sens de la clientèle, elle savait déjà ce qu'il fallait dire ou ne pas dire si on voulait conserver un client.

'S'il vous a dit çà, Monsieur, c'est certainement parce qu'il subit quelques petits revers en ce moment, je vous assure qu'il ne recommencera plus !"

"mais je veux qu'il s'excuse !"

"Tel que je le connais, çà m'étonnerait ! Vous n'allez pas faire toute une affaire parce que vous êtes tombé sur un employé mal luné !"

"Mal luné ? Mais c'est ailleurs que je vais faire mes affaires, moi ! Si toutes les entreprises étaient comme çà ! Vous savez, heureusement qu'il est tombé sur une personne honnête.  Il aurait fait çà avec quelqu'un d'autre, que la personne aurait  payé un étalagiste dans une grande surface pour mettre du poison dans son produit préféré. Les femmes n'aiment pas qu'on les traitent de poules pondeuses, vous savez !'

"Ecoutez, je verrai ce que je peux faire, et je lui parlerai pour le ramener à l'ordre, je vous promets ! Passez me voir à la maison, et on traitera ensemble !"

"Je vais y réfléchir ! Sur ce, je vous laisse en espérant vraiment pour vos affaires que vous teniez en laisse votre berger allemand !"

"Bien sûr ! Bonne soirée, Monsieur !"

Je raccrochai.

"Alors que comptes-tu faire maman ?"

"Je ne compte faire rien du tout ! "

"Comment tu ne comptes pas remonter les bretelles de Tony, il y va un peu fort, je trouve. Ce que font les clients, çà ne nous regarde pas ! Pourvu qu'ils paient ! C'est tout ce qui compte !"

Je comprenais la logique de Frédérico, en même temps je comprenais également les états d'âme de Tony devant la montagne qui n'était plus qu'une zone de béton. On y voyait de moins en moins d'arbres. Des tas de maisons surgissaient de terre et la nuit çà formait des petites étoiles dans la nuit. Le jour, c'est vrai, c'était moins marrant.

Je n'allais pas gronder Tony pour avoir dit ce qu'il pensait. Je n'avais l'intention de ne rien faire du tout.

"Il ne manque pas d'air, dit D.T., lui aussi, il a des enfants. Moi, j'aurais pu parler ainsi, moi, je n'en ai pas."

"Ah oui, c'est vrai ! Quel toupet il a ce Tony !"

Et je souris.




































Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires
Mercredi 2 septembre 2009 3 02 /09 /Sep /2009 12:54
J'étais à mille lieues de penser que j'allais me retrouver en face de Tony ce soir là.

J'étais toujours en convalescence avec Capucine, Frédérico et D.T. quand Tony m'appela sur mon portable. C'était urgent, il fallait qu'il me voie.

J'étais décidée à le remettre une bonne fois pour toutes à sa place. Le soir venu, je ne veux pas être dérangée. S'il ne l'a pas compris depuis tout ce temps, c'est qu'il est vraiment bouché. je n'aime pas me coucher tard, à cause de mes traits, ils sont tirés quand j'ai mal dormi.

Enfin quoi, si dieu a fait la nuit, ce n'est certainement pas pour faire joli. Pourquoi veut-on toujours contrevenir à la sagesse divine. Faire comme au temps d'ADam et Eve et n'en  faire toujours qu' à sa tête ?

 La nuit arrive, les poules, les oiseaux, se couchent. Les fauves chassent, çà va de soi, mais on n'est pas tous des cannibales. Il y a des bêtes sauvages qui ne demandent qu'à manger le jour pour pouvoir dormir la nuit au lieu de faire des efforts de vision dans le noir, glisser dans un trou, et s'ennuyer à en sortir pendant que la proie la file douce à quelques mètres d'elles.

Non, vraiment je déteste sortir le soir venu. Il faut se revêtir, enfiler des choses qui vous collent à la peau, vous laissent des traces en-dessous des seins et ailleurs. Vous serrez la taille quand vous avez avalé trop d'eau. Ah ce que je déteste sortir, et porter ces chaussures c'est un martyr. Bon, j'ai fini de me plaindre. Maintenant je vais geindre.

"Bon Tony, c'est pas du jeu, qu'est-ce qui t'arrive encore ? Tu sais que je n'aime pas sortir quand il fait nuit ? Qu'as-tu de si urgent qu'il fallait que l'on se voie ce soir ?"

"J'ai besoin d'une augmentation !"

Ce que j'aimais chez Tony, c'est qu'il ne manque pas de conversation. Il arrive tout de suite au bout de son objectif. Vas-y, prends le comme tu voudras, j'ai besoin d'une augmentation, et tu me la refiles et vite !

"Je peux savoir en quel honneur ? Je te laisse un appartement sans loyer, nous avons convenu l'autre fois de ton salaire et tu l'as trouvé trés justifié !"

"Et bien oui, justement, parlons en de mon salaire ! A cause de lui les impôts m'ont taxé, figure-toi ! Je ne pensais pas que j'allais en payer autant, figure toi !"

"Enfin voyons, Tony, tu es un adulte, tu devrais savoir que quand on touche un salaire, automatiquement on doit une partie à la société, enfin à l'état. Et plus on en a, plus on doit lui en donner ! C'est comme çà ! Je suppose aussi que même si tu ne me paies pas de loyer, comme la maison est sous ton nom, tu vas devoir payer la taxe d'habitation également pour toutes les charges à côté. Cà tu ne l'ignores pas au moins ?"

"Oui, je sais que l'on doit payer pour avoir le droit d'avoir un toit au-dessus de sa tête ! Je le sais. Mais ma femme ne connaît pas la crise, elle."

"Et alors ?"

"Et bien, elle mène la belle vie à tes frais ! Elle boit du champagne, à toute heure, elle se paie des petits fours, des petits canapés, de grands canapés ! Je te dis pas !"

"J'espère au moins qu'elle partage avec toi !"

Ah ouai ? La femme de Tony aime la belle vie, je commence à la trouver sympathique finalement, c'est dommage que j'ai une dent envers elle et que j'aimerais bien lui en coller une.

"Là, n'est pas la question ! La moralité dans cette histoire, c'est que j'ai payé mes impôts, figure-toi, sauf que maintenant je n'ai absolument plus rien à mettre dans la marmite ! Et j'ai des enfants à nourrir !'

"Et une femme amoureuse ! De l'argent, je veux dire !"

"Oui, si tu veux ! Alors pourrais tu me donner une rallonge ?"

Je ne répondis pas. Comme c'est bizarre la vie, j'étais obligée de nourrir mon ennemi. Il ne me faisait même pas du chantage, mais à cause de mes principes, ne pas zigouiller un homme par terre, je me devais de l'aider. Je n'arriverais jamais à en venir à bout si à chaque fois qu'il était dans la merde, je faisais tout pour l'en retirer. Mais je ne pouvais pas faire autrement, j'aime descendre les hommes en l'air. Mais celui-là,même s'il m'enrageait, dépendait trop de moi pour que je lui tire dessus comme çà.

"Ecoute moi Tony, figure toi qu'il y a une limite à tout ce que tu me demandes. Il va falloir que tu en prennes l'habitude, hein et ta petite dame aussi ! Je comprends qu'il lui faut entretenir ses ongles pour griffer les joues des femmes qui sont plus jolies qu'elle, mais il faut l'habituer à restreindre légèrement son train de vie. Et si, en te donnant plus, elle se mettait à gaspiller encore plus ton fric ? tu vas me ruiner, et on n'est même pas amants !"

"Ah çà, çà ne dépendait que de toi, c'est toi qui me fais lambiner ! "

"Je ne te fais pas lambiner, je ne t'aime pas ! Ce n'est pas parce que tu as une femme qui est capable de tuer pour toi, qu'il faut croire que la terre entière est amoureuse de ta tronche ! Je reconnaîs, tu n'es pas mal, tu es plutôt mignon, surtout depuis que tu as enlevé tous ces poils qui te déguisaient ! Mais moi, c'est moi, tu nefais pas partie de mon style !"

Il arbora un sourire qui me fit comprendre qu'il ne me croyait absolument pas.

"Tu ne me crois pas hein ? Et bien alors pourquoi tu crois que je ne cède pas ? "

"Peut-être parce que tu as peur de ma femme !"

Il était en train de me chercher, il ne tenait qu'à moi de renverser la vapeur, et de l'embrasser devant tout le monde. Mais je ne le fis pas. Physiquement j'étais supérieure à sa bonne femme, je pouvais l'envoyer de l'autre côté de la planète, rien qu'avec une claque. Ce que je ne ferais pas évidemment. mais maintenant que je sais ce dont elle est capable, décoiffer les gens de cette façon, je comptais bien rester sur mes gardes.

"Je vais te donner une augmentation significative mais je veux que tu me promettes, de ne plus m'embêter avec tes histoires de fric. Comment vas-tu faire ?"

"Je serai obligé d'ouvrir un compte à part, qu'elle ne connaît pas ! Déjà je vais l'engueuler et lui dire que tu m'as juste accordé une avance !"

"C'est bon ! Parce que tu comprends, j'ai mes dépenses moi aussi, je ne peux pas toujours inclure les tiennes, çà commence à me coûter cher, moi aussi je paie des impôts, figure-toi !"

Il ne répondit pas mais il me prit la main. Je la lui laissais, si çà pouvait lui faire plaisir !

"Tu as les mains froides ! Tu as une mauvaise circulation ! "

Il ne répondit pas. Je me levais pour m'en aller, je voyais bien qu'il était heureux, je ne savais pas si c'était à cause de son augmentation ou de m'avoir touché la main. 












































































Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
Ecrire un commentaire - Voir les 0 commentaires

Présentation

Derniers Commentaires

Créer un Blog

Recherche

Calendrier

Mai 2012
L M M J V S D
  1 2 3 4 5 6
7 8 9 10 11 12 13
14 15 16 17 18 19 20
21 22 23 24 25 26 27
28 29 30 31      
<< < > >>
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus