Texte Libre

Lundi 21 septembre 2009 1 21 /09 /Sep /2009 15:34
On n'attendit pas longtemps avant de voir la voiture de Frédérico. Il n'était pas seul. DT était avec lui.

"mais pourquoi es-tu partie sans me prévenir ? "

""Je ne voulais pas te déranger, je voulais faire quelque chose de spécial !"

"Sans moi ?! Et c'était quoi ?"

"Prendre le bus ! Capucine voulait essayer ! On nous a tellement rabattu les oreilles avec les histoires de bus."

"Et quel a été le résultat !"

"Traumatisant !"

"Normal, çà n'a pas été fait pour les gens qui ont de la classe comme nous !"

Frédérico n'était pas d'accord. Avant d'être riche, il a été étudiant, et il avait l'habitude de prendre le bus pour aller à l'université. Et il pensait que ce n'était pas seulement fait pour les gens mal élevés. C'était un bon moyen de locomotion et à peu de frais. Bon, bien sûr pour une jeune femme raffinée qui n'a pas envie d'être bousculée et pelotée gratuitement, il valait mieux éviter.

Et c'était si bon l'air conditionné de la voiture, c'était si confortable de se retrouver entre gens de bonne compagnie. Des gens qui vous aiment vraiment, qui sont remplis d'attention comme DT.

J'étais tellement bien que lorsque je vis le nounours en béret vert assis sur la route et me faisant un salut, je ne fus pas trés étonnée.

"J'ai la berlue ou je viens de voir un gros nounours nous saluer ?" demanda Frédérico.

"Je l'ai vu aussi ! Décembre encore bien loin, mais je l'aurais bien pris pour moi ! vous croyez que quelqu'un l'a perdu ? "
"Gros comme il est, çà m'étonnerait qu'on l'ait oublié là ! Non, çà a été fait exprés.

DT n'aimait pas les nounours et garda le silence. Je sentais qu'il était fâché par mon manque de confiance. On s'était juré de toujours tout se dire et de ne pas avoir peur.

Il était si parfait. On dirait qu'il n'avait jamais connu de déconvenues.

"Il y a une grosse dame qui s'est assise sur les genoux de maman !"

Il fallait s'y attendre des enfants. Toujours ce besoin de ne garder aucun secret. J'avais l'air fin maintenant.

"Ah bon ? s'esclaffa Frédérico.

"Je me demande comment on peut grossir de cette façon ! ", grognai-je dans mon coin."Quand on vieillit, grossit-on forcément !"

"Cà dépend si tu passes ton temps à manger n'importe quoi ! De toute façon, quand on vieillit, on ne fait qu'être ce qu'on a été jeune, mais de manière amplifiée. Si on a été malade dans la jeunesse, quand on est vieux, cela ne va pas s'arranger. Si on interdit la cigarette, on devrait aussi interdire aux gens d'être gros. L'obésité c' est aussi dangereux pour la santé que le tabac ! L'état préconise des lois à deux vitesses, je me demande ce que çà cache !", dit DT

Certainement une histoire de gros sous. Depuis quand les grands de ce monde étaient des altruistes, remplis de générosités ? Tout ce qui les influence, c'est le besoin de se faire du pognon, c'est tout. Et puis avoir le pouvoir en faisant croire à la populace qu'ils prenaient bien soin de sa santé, parce qu'ils s'inquiétaient de ce qui pouvait advenir d'eux. On vous fait payer d'énormes impôts, on vous fout au chômage, on vous prive de respectabilité, mais tout çà parce qu'on vous aime bien, et si vous voulez vous divertir de vos tracas avec une bonne cigarette, il faudra y mettre le prix,  parce que si le souci dont on vous accable ne vous fait pas tomber malade, la cigarette, si, elle est dangereuse pour la santé.













































Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
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Samedi 19 septembre 2009 6 19 /09 /Sep /2009 17:02
Nous étions donc sur le trottoir en train d'attendre parmi le flux de gens, pressées qu'arrive Frédérico quand une voiture borda en trombe en face de nous.

C'était Tony.

"qu'est-ce que tu fais ici ? Tu fais le pied de grue ? "

"J'attends Frédérico !"

"DT t'a larguée ?"

"Qu'est-ce que tu racontes ? J'étais dans le bus et je suis descendue !"

"Tu comptes aller où ?"

"Mais rentrer à la maison !"

"Et bien il fallait reprendre le même bus tu vois, çà fait l'aller retour, là tu es au terminus !"

"On le sait tu vois ? Mais je ne veux plus me faire asseoir dessus !"

"Marcher dessus on dit !"

"Appelle çà comme tu voudras !"

"Qui voulait te marcher dessus ?"

"Il y a une vieille femme qui s'est assise sur maman pendant tout le parcours jusqu'ici !"

"Pas vrai ?!"

Et Tony se mit  à rire. Je  l'ai rarement entendu rire mais il fallait que ce soit pour ma pomme.

"Tu aurais dû lui laisser ta place si tu ne voulais pas qu'elle s'asseye sur toi !"

"J'ai payé autant qu'elle mon billet figure toi !"

"Mais la coutume veut qu'on laisse sa place aux plus âgées, aux femmes enceintes !"

"Je ne suis pas d'accord, Tony, là tu pousses le bouchon trop loin. Et si moi aussi, j'étais fatiguée ! Si j'étais malade moi aussi ! Et ce n'est pas écrit dans le bus que l'on n'avait le droit de s'asseoir que s'il n'y avait pas de contre-indication !, les vieilles, les femmes enceintes, les mères de famille !"

"Et bien fallait lui dire que t'étais fatiguée, malade ! "

"Je me demande pourquoi j'allais expliquer à quelqu'un que je  ne connais ni d'Eve ni d'Adam que je ne lui cédais pas ma place parce que j'étais fatiguée ! La vie privée, çà n'existe donc plus ?"

"Tu ne pouvais pas être plus malade qu'une vieille femme voyons Angélina !"

"Ecoute Tony, le problème n'est pas là. Qu'elle s'asseye sur mes genoux tout le long du trajet n'est pas le problème. Là où le bât blesse, c'est qu'elle soit partie sans même une excuse ni un remerciement ! Tu te rends compte. Ma mère n'aurait pas réagi de cette façon, si malencontreusement elle était tombée sur quelqu'un, elle lui aurait présenté ses excuses, et lui aurait exprimé toute sa gêne. Celle là a continué à raconter sa vie à une bonne femme de l'autre côté du bus, et s'est tiré comme si elle avait laissé un siège vide. En plus elle était énorme et elle m'a tout simplement écrasé les cuisses. Tu te rends compte ? "

"Je me rends compte que tu es trop vaniteuse Angélina !"

"Tu as encore quelque chose à m'apprendre Tony ? Sinon tu peux t'en aller !"

Et il repartit nous laissant en plan. La pluie commençait à tomber.


































Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
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Vendredi 18 septembre 2009 5 18 /09 /Sep /2009 14:41
Nous nous relevions tant bien que mal de cette déconvenue. Mais nous n'avons pas dit notre dernier mot en ce qui concerne notre désir acharné de respect de la nature.

A force d'entendre la publicité faisant l'éloge des bus, Capucine me décida finalement à essayer. Elle voulait voir comment c'était. Moi, je devinais à peu prés. Mais un enfant a besoin d'expérience, sinon elle ne saura jamais, et tout ce qu'elle racontera sera tiré d'hypothèses. Et dans ce monde, on n'est pas trés hypothétique. Menteur peut-être mais pas hypothètique. On veut des preuves, des explications par A plus B. Des démonstrations, etc. Donc j'allais l'emmener essayer le bus. Aprés tout, c'était peut-être pas plus mal.

Je présumais que le plus tôt serait le meilleur à prendre. Effectivement, il n'y avait pas grand monde et Capucine et moi, nous avons eu la chance d'avoir une bonne place. Je laissais  à Capucine la place hublot pour qu'elle puisse admirer le paysage, c'est-à-dire tout un tas de bâtiments, et des gens sur les trottoirs qui se pressaient pour regagner leurs boulots.

Aprés quelques mètres, le bus s'arrêta pour prendre une flopée de passagers, ceux qui ne trouvaient pas de place, se contentèrent de rester debout, s'accrochant à tout ce qui pouvait passer sous leurs doigts pour ne pas se retrouver assis par terre ou éjectés vers l'avant au démarrage du véhicule.

Dix minutes plus tard, l'habitacle était bondé. Les gens écrasés les uns sur les autres, on pouvait respirer leurs odeurs à plein nez, et ce n'était pas du luxe. Il est un peu désagréable de devoir être soumis à certaines émanations comme si certains ne savaient pas ce que c'était que le savon ou la dentifrice. Ou alors çà empestait des eaux de toilette qui aurait chassé DT de mon décor si jamais il me prenait l'envie d'en porter. Maintenant je comprends mieux pourquoi les animaux se sentent avant de s'apprécier. Les odeurs corporelles ont des codes. On peut sentir extrêmement fort et d'être aimé à condition que les molécules dégagées sont dans les gènes de celui à qui on les impose.

Je pensais que la leçon était terminée et que je devais descendre. Mais voilà, je ne savais pas du tout comment descendre puisque le bus ne s'arrêtait plus. Personne ne lui donnait l'ordre d'interrompre sa course folle vers le bonheur. 

J'avais devant moi une grand mère à forte corpulence qui me coinçait le bras, comme pour me punir de ne pas lui avoir laissé la place. Je ne comprends pas moi, pourquoi quand on est assis, parce qu'on a payé, on doit se lever pour laisser à d'autres qui arrivent aprés son fauteuil. Elle avait l'habitude certainement de ce genre d'exercices, tandis que moi, si je me levais, j'aurais eu assurément le tournis. A ses côtés, son petit fils me lorgnait outrageusement, en m'envoyant des petits bisous, et me mimant des cochonneries. Pour couronner le tout, lors d'un brusque coup de frein, l'énorme bonne femme ne trouva pas d'autre meilleure solution que de se laisser choir lourdement sur mes genoux et d'y rester.

Pendant qu'à côté, Capucine regardait le spectacle médusée au début. Puis comme si elle avait soudain compris ce qui m'arrivait, elle mit sa main sur sa bouche et tout le long du trajet infernal, elle se plia en deux pour étouffer son rire. Elle riait tellement qu'elle s'étrangla et que je dus lui battre dans le dos pour qu'elle retrouve son souffle. 

"Ne t'en fais pas ma chérie, on arrive ! "

Au lieu de calmer son fou rire, je l'alimentais un peu plus. Je voyais la pauvre enfant pleurer et se tenir le ventre tellement la vue de sa maman avec une vieille sur ses genoux lui était incongrue. Elle perdit de nouveau la respiration. Non seulement j'étais gênée mais j'avais peur que le manque d'oxygène lui fit perdre connaissance. Plus je lui parlais, lui caressais les cheveux pour la calmer, plus le rire s'intensifiait et qu'elle était forcée de râler pour reprendre son souffle.

Je priais pour que le car s'arrête enfin mais à chaque station, la vieille ne débougeait plus de mes genoux comme si elle avait oublié que c'était moi, non le fauteuil qui la servait d'assise. Je n'osais lui dire de bouger de là, je subissais un enfer et quand je levais les yeux, je rencontrais ceux de son gamin vicieux.

Ces derniers jours ont été vraiment pénibles. Je ne disais plus un mot, et la petite Capucine trouvait mon silence encore plus intolérablement comique. Par moment le rire fusait de sa gorge et tout le monde la regardait curieusement, avec l'air de se demander ce qui se passait avec cette enfant. Elle avait bu ou quoi ? Apparemment ils avaient l'habitude de prender en genoux stop certains passagers encombrants.

Je n'étais pas dans mon milieu, c'était un enfer de prendre le bus. Ceux qui en faisaient la publicité devaient en ce moment tenir leur volant luxueux entre leurs mains pendant que moi, j'étais là comme une idiote. 

Au dernier arrêt, elle dégagea de mon corps sans même me remercier. Je me levais à sa suite, entraînant Capucine, et on se retrouva libres sur le trottoir animé. J'appelais Frédérico pour qu'il vienne nous rattraper. Je ne voulais pas que DT voit mon accablement, subir tant d'échecs en l'espace de quelques jours, c'était vraiment trop pour moi, et je craignais qu'il en ait marre de moi.




 
Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
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Jeudi 17 septembre 2009 4 17 /09 /Sep /2009 12:35
Quand je pense que c'est Frédérico qui nous a sauvé la mise. C'est lui qui fait que l'on n'a pas été transportés en état de grabataires, au poste de police. Quand le président du haut de sa fenêtre a demandé c'était quoi ce grabuge, si on ne pouvait pas le laisser reposer en paix, Frédérico lui a répondu d'une toute petite voix : c'est que sa Seigneurie, on voulait juste faire du vélo en paix, tout comme vous !" Et qu'est-ce qu'il a répondu selon vous ? Et bien le président a répondu à ce pauvre Frédérico : "vous n'avez qu'à travailler tout comme moi, pour avoir le droit de faire du vélo sur mes plates-bandes, bande de manants, et que je ne vous y reprenne plus la prochaine fois ! Ou vous aurez à faire à moi en personne ! Sauvez-vous !"

On a eu du mal à se sauver, Frédérico, notre sauveur, a appelé un taxi et voilà comment on a pu regagné notre logis qu'on aurait jamais dû quitter. On avait une excuse atténuante tout de même, il faisait si chaud qu'on se disait que prendre un peu d'air nous aurait fait du bien, et bien non !

Donc on est tenus grâce à la douleur de rester cloués au lit DT et moi. Voilà ce que c'est que de dévoiler son bonheur aux yeux jaloux. Depuis on a que des ennuis.

"Moi, je dis que c'est ton tony la cause de tous nos malheurs !", maugréait DT

"Ne l'appelle surtout pas mon Tony s'il te plaît. C'est vrai que je n'arrive pas à lui faire comprendre que le genre de vanneries qu'il jette à la tête des gens ne sont pas d'humeur à leur plaire !"

"Ben oui, si les gens sont cons pourquoi leur faire comprendre leur connerie ? Qu'est-ce que çà changera à notre vie ? Tu peux me dire ?"

"Oui, mais tu connais Tony, son tempérament ! "

"Parlons en de son tempérament ! Quand il aura mis toute sa troupe à genoux, et qu'il aura gagné l'entreprise ou perdu, c'est nous qu'il va mettre à contribution ! Il va nous jouer le rôle du petit général qui veut mener son monde à la baguette, et on continuera à en prendre pour notre grade ! Je te dis qu'il faut se méfier de lui, et ne pas toujours payer à sa place !"

Je trouvais que DT avait absolument raison. Cà fait un bout de temps que je supportais les bêtises de ce gamin, il fallait que çà cesse. Mais comment ? il était presqu'introuvable. Toujours sur les chantiers soit disant, alors qu'il aurait dû être au bureau. Il a délégué ses fonctions à Hortense et il a fichu le camp faire voir des étoiles à la clientèle.

On était à bout, et il faisait terriblement chaud. Mais pas question de mettre l'air conditionné. La brise soufflant et entrant dans la chambre par les portes et fenêtres béantes était suffisante pour adoucir l'air si on ne bougeait pas trop. On allait tout de même pas se faire crever dans un four crématoire sous prétexte qu'on craignait les voleurs. 

On désirait se ranger dans le clan des gens chics. Et j'entendais par là, des gens qui aiment la nature, qui refusent d'agrandir le trou dans le ciel étoilé et qui font des efforts pour ne pas dépenser inutilement les énergies non renouvelables s'ils peuvent faire autrement.

On commençait donc à immerger avec notre bonne foi dans un sommeil réparateur quand d'un coup, on entendit tout un foin dans la rue particulièrement déserte. Et une odeur suspecte de produits nocifs s'engouffra dans notre prison. C'était comme si on avait refusé le four crématoire pour préférer la chambre  à gaz. Oui, piégés dans une pièce à avaler de l'air empoisonné qui allait faire tomber tous les beaux papillons, tous les oiselets, tous les caméléons sauf les moustiques ou alors quelques uns moins récalcitrants.

Nous, les chics, on n'a pas été prévenus de cette mystérieuse attaque en pleine nuit. Et par contre   les malfaiteurs de tout acabit, ont en eu vent, et se sont terrés dans leur tanière en attendant que passe le sentencieux engin. 

Tous les jours, on reçoit dans la boîte aux lettres des courriers, des papiers de toute sorte mais pas une trace d'un message nous annonçant la couleur de cette nuit terrible.  

Le chick dans ses maisons closes a essayé sauvagement de mettre fin au chic.

DT s'est traîné aidé par Frédérico toujours aux labours pour fermer les aérations mais c'était en vain. On en avait avalé tout un paquet.

DT m'a regardé d'un air étonné. "Angélina, on nous en veut parce qu'on est heureux, tu te rends compte !"

"qu'est-ce que tu veux faire ? Me quitter ? Cà devient trop dangereux de m'aimer ?"

"La question que je me pose, c'est qui peut tenir à toi à ce point là ?"

"Oui qui peut ne pas tenir à moi à ce point là ? Tu te rends compte, il ne fait que m'envoyer des coups !"

"Tony !"

"Tony ! Le président, oui, cet affreux petit lutin qui déséspère de trouver le bonheur et qui veut nous mettre les bâtons dans les roues !"

"Cette espèce de minable, tu rêves ! Il s'agit non seulement d'un esprit méchant, mais malin !"

"ET tu dis que Tony est tout çà ?"

"Oui, je ne vois pas d'autre que lui !"























































Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
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Mercredi 16 septembre 2009 3 16 /09 /Sep /2009 11:40
c'est incroyable combien depuis que je suis avec DT, je n'ai que des ennuis. Bon, on peut appeler cela anicroches. Cà fait rien. L'amour est au-dessus de tout, n'est-ce pas ? On me réclame de toute part. Tony s'amuse à canarder les gens, selon les dires d'Hortense, ma fidèle secrétaire. Il paraît qu'il leur envoie des pétards qui leur sautent en pleine tronche et les envoient en enfer, sans même choisir la couleur. Il veut que je réapparaisse dans sa vie, c'est çà ?

"Mais si tu fais çà, Tony, tu prends tes responsabilités ! tu leur fais des vacheries, et tu t'attends à ce qu'ils soient contents et t'envoient des fleurs !"

C'est que je lui disais, pour lui remonter le moral parce qu'en même temps qu'il se sent le besoin de les emmerder, il a peur des conséquences, et me refile son bourdon.

"Ton Tony n'est qu'un gamin ! tu m'entends qu'un gamin ! Pas question que je supporte avec toi ses soucis !"

"Oui, mais je ne veux pas qu'on s'en prenne à lui !"

"C'est à ton audi qu'on s'en est pris ! Tu l'as perdue, enfin j'évite de te dire qu'on te l'a volée, mais c'est pareil au même non ? Dans un pays de voleurs !"

DT était furieux. Je le comprenais aussi. Bon, toutes ces contrariétés ne nous empêchaient pas de  nous aimer malgré tout tendrement. De toute façon, si on n'avait plus la voiture, on allait se mettre à la bicyclette; On était tellement amoureux qu'on n'avait pas envie de passer chez le concessionnaire et perdre notre temps à aller choisir un nouvel engin.

La bicyclette, ah, c'est çà la machine à la mode. Même le président, il en fait. De la bicyclette. On le sait parce qu'on l'a croisé. Et quand on l'a vu, on s'est dit, ben pourquoi pas nous ? Ben oui, quoi, c'est amusant faire de la pédale, on respire le bon air de la planète, surtout quand on suit le parcours du président, on ne risque rien. Qui pourrait nous faire du mal ? Je vous le demande !

Donc on a pris nos bicyclettes, on a bien regonflé les roues, et on est partis faire pareil que le président, tout çà pour apporter notre contribution et faire moins de pollution. Aprés tout, il avait raison le gars de taxer tout lemonde parce qu'ils faisaient exprés d'acheter la mortelle quand il n'y avait pas la vivante. Il fallait faire comme lui, utiliser ses muscles et aller de l'avant.

J'ai toujours rêvé faire du vélo. Déjà parce que c'est amusant, et puis parce que çà fait maigrir drôlement. Il suffit de voir à quoi ressemble les coureurs cyclistes quand ils ont fini leur tour pour voir tout ce qu'on ne perd pas quand on ne fait pas du vélo. Et puis on a le temps de faire du tourisme, d'admirer le paysage, de s'arrêter dans l'herbe verte et de se détendre.

Mais en fait ce n'est pas si idyllique. Il faut partager la route avec les gros bidules, il faut faire tout le temps attention qu'on ne vous envoie pas dans le caniveau pour se faire de la place, il faut supporter les insultes, les crachats, les menaces de vous faire la peau, de vous faire renvoyer de votre emploi, de vous trahir auprés des administrations, de mettre des saletés dans vos produits habituels de grande surface, et même, oui même, de vous jeter des mauvais sorts !

Pour vous dire à quel point le monde n'a pas été fait pour les petits, donc pour la bicyclette.

"Où veux-tu qu'on aille traîner ma petite reine ?" me demande DT

"Je te préviens tout de suite, je ne suis pas une bicyclette !"

"Mais je sais cela, ma petite reine, tu es ma mercédès, ma limousine ! Il y a vraiment beaucoup de place dans ton coeur !"

"Je préfère çà ! Et bien, j'ai une idée, j'ai vu le trajet de sieur le Président, pour nous éviter les ennuis, on va emprunter le même ! "

DT était plutôt dubitatif. Mais je n'en avais cure !

On s'est cachés dans les fourrés, puis dés que sa seigneurie est passé avec son tralala de gardes-chiourmes pour ne pas qu'il s'échappe, on s'est mis en selle, et on a suivi le cortège.

Pas un chat sur la route ! Même pas un endormi. Rien que nous, le soleil, et la nature.

Cà faisait une bonne demi-heure qu'on prenait nous aussi le temps de vivre à l'instar de notre cher président, quand on vit venir dans notre direction un char de militaires.

"Que faites vous là ? Vous voulez attenter à la vie du chef d'Etat ? C'est çà ?"

Je n'eus pas le temps de lui répondre qu'on était juste une petite famille qui voulait juste faire de la bicyclette tranquillement. Ils se sont jetés sur nous, et nous on fichu une de ces piles qu'on est restés sur le carreau tout éméchés. Je dis éméchés parce que quand on est revenus à nous, il y avait des gens qui riaient autour de nous, et qui pensaient qu'on avait pris je ne sais quelle drogue pour nous retrouver dans un tel état de délabrement physique. Nos vêtements étaient en charpille, et nous avions une tête d'enfer. Il y avait juste Capucine qui s'en était sortie, mais on voyait bien, la pauvre petite, qu'elle était désolée de nous voir dans un tel état.

Maintenant DT et moi, on était dans notre chambre. Nos muscles endoloris ne nous permettaient  aucun mouvement, si bien que Frédérico qui s'en est plutôt bien sorti et Capucine étaient obligés de nous faire manger à la cuillère. Et DT me disait : "ma chérie, il me manque de ne pas pouvoir te prendre dans mes bras, d'être si éloigné de toi !"











































Par suzanna naghalia - Publié dans : littérature humour
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